Dossier de candidature
« Le chakra se régénère. Les blessures se referment. Les hommes se remplacent. Le temps, lui, ne revient jamais. C'est donc la seule ressource qui vaille. »
Il faut d'abord comprendre une chose sur Koyomi : ce n'est pas un personnage qui aime le temps. C'est un personnage qui ne voit que ça. Son prénom veut dire « calendrier » en japonais, et honnêtement, c'est presque une malédiction tellement il lui colle à la peau. Quand il regarde une personne, il ne voit pas un visage, il voit un compteur qui tourne. Quand il regarde un champ de bataille, il ne voit pas des shinobis qui s'affrontent, il voit des vies qui brûlent leurs secondes plus ou moins vite. Sa perception du monde entier passe par ce filtre, en permanence, et c'est pour ça que je le décris comme totalement déconnecté de la réalité. Il vit dans le même monde que tout le monde, mais il ne le lit pas de la même manière. Ce qui compte pour les autres, l'argent, le pouvoir, la reconnaissance, tout ça le laisse profondément indifférent. Ce sont des ressources qu'on peut regagner. Le temps, non. Et une ressource qu'on ne peut pas regagner vaut, dans sa tête, infiniment plus que toutes les autres réunies.
Cette obsession déteint sur absolument tout, à commencer par sa façon de parler. Koyomi ne peut pas tenir une conversation sans ramener le temps sur la table. Il chiffre tout. Une discussion avec lui, c'est un investissement qu'il calcule à voix haute. Il remercie les gens pour les minutes qu'ils lui accordent, il s'excuse rarement mais quand il le fait, c'est pour du temps qu'il estime avoir fait perdre. Il a des expressions bien à lui qui reviendront constamment en jeu, du genre « tu me coûtes cher, là » quand quelqu'un tourne autour du pot, ou « rentabilise-moi cette heure » quand il confie une tâche. Ce tic de langage, je veux qu'il devienne sa marque de fabrique sur le serveur, le truc qui fait qu'on reconnaît Koyomi en trois répliques même sans voir son nom au-dessus de sa tête.
Et puis il y a l'autre versant, le plus sombre, celui qui donne au personnage son vrai relief. Si le temps est son trésor, alors lui en voler, c'est le pire des crimes. Faire attendre Koyomi pour rien, saboter une mission qui devra être refaite, lui mentir et l'envoyer sur une fausse piste pendant des jours, ce sont des choses qu'il ne pardonne pas. Pas par orgueil, pas par honneur bafoué comme un Uchiwa classique. Par arithmétique. On lui a pris quelque chose qui ne lui sera jamais rendu, et cette idée le rend littéralement fou. Sa colère ne ressemble pas à celle des autres. Elle est froide au début, presque comptable, il énonce ce qu'on lui doit. Puis elle bascule dans quelque chose de beaucoup plus inquiétant quand il réalise que la dette est impayable. C'est dans ces moments-là que le masque du chercheur excentrique tombe et qu'on aperçoit ce qu'il y a en dessous. Je veux jouer cette bascule avec parcimonie, pour qu'elle garde tout son poids quand elle arrive.
Visuellement et dans son attitude, je l'imagine comme quelqu'un de posé, presque lent dans ses gestes, ce qui contraste avec la panique intérieure permanente de celui qui sent chaque seconde filer. Il porte sur lui des objets liés à la mesure du temps, un vieux cadran solaire de poche que son père lui a mis entre les mains quand il était enfant, des bandes de papier couvertes de calculs, et il a la manie de dessiner des cercles gradués un peu partout, dans la poussière, sur les tables, dans la marge de ses parchemins. Des cercles qui ressemblent, quand on y regarde de plus près, à des cadrans d'horloge autant qu'à des matrices de sceaux. Ce n'est pas un hasard, et j'y reviendrai.
« Tu viens de me prendre quatre minutes. Quatre. Tu comptes me les rendre comment ? »
Tout part de son père. C'est un illusionniste de Kumo, un vrai, de ceux dont on dit qu'ils n'ont jamais eu besoin de lever la main sur quelqu'un pour gagner un combat. C'est là que Koyomi a grandi, dans le pays de la Foudre et non là où l'on attend d'ordinaire un Uchiwa, ce qui a fait de lui une anomalie avant même qu'il ne sache tenir un kunai. Il a grandi dans l'ombre de cet homme, à le regarder travailler, à l'écouter expliquer que le genjutsu n'est pas un art du mensonge mais un art de la perception, et que celui qui contrôle ce que l'adversaire perçoit contrôle la réalité de l'adversaire. Son père a une théorie qui l'obsède depuis toujours, une idée qu'il n'a jamais menée à son terme : selon lui, la matière première de toute illusion, celle qu'on manipule sans même s'en rendre compte, c'est la perception du temps. Étirer une seconde, comprimer une heure, faire vivre une nuit entière dans un battement de cils. Toutes les grandes illusions jouent là-dessus, mais personne, dit-il, n'a jamais pris le temps d'en faire une science.
Ces recherches-là, son père a fini par les laisser en suspens. Pas par manque de talent, mais parce qu'un homme qui a un village à servir, des missions à honorer et une famille à tenir debout finit toujours par arbitrer, et que l'arbitrage s'est fait contre les carnets. Ils sont toujours là, remplis de notes inachevées, de schémas raturés, de théories à moitié démontrées, et Koyomi a passé des années à les lire, les relire, les recopier. Son projet RP, dans sa forme la plus simple, c'est ça : reprendre l'œuvre de son père là où lui-même l'a laissée, et la mener plus loin qu'il n'a jamais osé l'imaginer. Il ne s'agit pas seulement de devenir fort en genjutsu. Il s'agit de marcher dans les pas d'un homme bien vivant, avec tout ce que ça implique de fierté, de comparaison permanente et de dette impossible à solder, puis d'aller un jour au-delà de l'endroit exact où il s'est arrêté. Son père a manqué de temps pour aller au bout. Koyomi refuse que la même chose lui arrive.
Le premier pilier du projet, c'est donc la maîtrise de l'illusion. Je veux construire cette progression en jeu, sur la durée, avec des étapes visibles pour les autres joueurs. Koyomi commencera par les fondamentaux, mais très vite il orientera tout son apprentissage vers sa spécialité, les illusions de distorsion temporelle. Faire croire à un adversaire que le combat dure depuis des heures alors qu'il vient de commencer, pour l'épuiser mentalement avant même le premier échange. Ralentir sa perception jusqu'à ce que chaque geste lui semble prendre une éternité. Lui faire revivre en boucle les mêmes trois secondes jusqu'à ce qu'il doute de tout. Ce genre de choses. J'aime cette approche parce qu'elle donne des combats et des scènes RP qui ne ressemblent pas à ce qu'on voit d'habitude, et parce qu'elle est raccord à cent pour cent avec la psychologie du personnage. Koyomi n'attaque pas le corps, il attaque le rapport au temps de sa cible, parce que c'est la chose qu'il comprend le mieux au monde.
Le second pilier est plus original et me tient particulièrement à cœur. En travaillant sur les carnets de son père, Koyomi a compris quelque chose que peu d'illusionnistes acceptent d'admettre : pour maîtriser vraiment le genjutsu, il faut savoir le défaire. Et pour le défaire de manière fiable, la volonté et le chakra ne suffisent pas, il faut de la méthode, de la rigueur, quelque chose d'écrit et de reproductible. Autrement dit, il faut le fûinjutsu. Son projet est donc de développer des sceaux capables de contrer le genjutsu, sous toutes ses formes. Des sceaux de détection qui préviennent leur porteur qu'il est en train de glisser dans une illusion. Des sceaux de dissipation qui brisent l'emprise d'un illusionniste ennemi. Des sceaux d'ancrage qui protègent l'esprit en lui donnant un point de référence stable, quelque chose d'inaltérable auquel se raccrocher quand tout le reste ment.
Ce travail-là fera avancer les sciences du fûinjutsu dans leur ensemble, et c'est voulu. Chaque sceau anti-genjutsu que Koyomi met au point l'oblige à disséquer le fonctionnement intime de l'illusion, à la comprendre mieux que ceux qui la lancent. Et inversement, chaque progrès en genjutsu lui révèle de nouvelles failles à colmater côté sceaux. Les deux disciplines se nourrissent l'une l'autre en permanence, c'est une boucle, et cette boucle est le moteur de toute sa progression. Concrètement, en jeu, ça veut dire des phases de recherche, des expérimentations qui tournent mal, des cobayes volontaires ou moins volontaires, des démonstrations publiques, des sceaux offerts ou vendus à d'autres joueurs, des rivalités avec d'autres illusionnistes qui voient d'un très mauvais œil quelqu'un capable de neutraliser leur art. Bref, du contenu RP pour lui, mais aussi et surtout pour les autres.
Il faut être honnête sur ce que Koyomi n'est pas. Ce n'est pas un conquérant, ce n'est pas un politique, ce n'est pas quelqu'un qui rêve d'un titre ou d'une place dans les livres d'histoire. La gloire ne l'intéresse pas, parce que la gloire est une monnaie qui se dévalue et qu'on peut toujours en regagner. Ses ambitions sont d'une autre nature, et elles découlent toutes de la même logique : tout ce qui lui permet d'acquérir du temps, d'en préserver ou d'en percer la nature mérite d'être poursuivi. Le reste est du bruit.
Sa première ambition, la plus visible, c'est de devenir une référence du genjutsu. Pas le plus puissant au sens brut du terme, mais celui dont le nom vient immédiatement quand on parle d'illusion, celui qu'on vient consulter, celui dont les travaux font autorité. Il veut que sa spécialité, la distorsion temporelle, soit associée à son nom comme une signature. Quand quelqu'un sortira d'une de ses illusions en tremblant, incapable de dire s'il y est resté trois secondes ou trois jours, il saura à qui il a eu affaire.
Sa deuxième ambition prolonge la première : bâtir un véritable corpus de sceaux anti-genjutsu, quelque chose qui n'existe nulle part sous forme organisée. Pas trois ou quatre sceaux gardés jalousement dans un tiroir, mais une discipline entière, documentée, éprouvée, transmissible. Koyomi veut laisser derrière lui des traités, des matrices annotées, des méthodes que d'autres pourront apprendre après lui. Là encore, on retrouve son obsession en filigrane. Un homme meurt, ses connaissances meurent avec lui, et tout le temps qu'il a investi pour les acquérir est perdu. Un savoir écrit et transmis, en revanche, survit à son auteur. C'est la seule forme d'immortalité que Koyomi juge crédible, en attendant mieux.
Sa troisième ambition est plus discrète mais elle comptera énormément dans mon RP au quotidien : s'entourer. Koyomi sait pertinemment qu'il passe pour un fou, et il sait aussi qu'un chercheur isolé avance dix fois moins vite qu'un cercle de chercheurs. Il cherchera donc activement les rares esprits capables de le suivre, illusionnistes curieux, maîtres des sceaux, érudits, esprits tordus dans le bon sens du terme. Je veux que son laboratoire, ses recherches et ses théories deviennent un point d'accroche pour d'autres joueurs, un endroit où l'on vient discuter, apprendre, se disputer sur des questions que personne d'autre ne se pose. Et derrière tout ça, évidemment, la dernière ambition, celle qui englobe toutes les autres : comprendre ce qu'est réellement le temps. Pas philosophiquement, pas poétiquement. Techniquement. Parce que c'est là, quelque part entre l'illusion qui plie sa perception et le sceau qui fige le chakra dans la matière, que se cache la réponse à la seule question qui l'intéresse vraiment.
Voilà le cœur du dossier, ce vers quoi tout converge. Derrière l'expert en devenir, derrière l'excentrique qui compte les minutes des autres, il y a un but unique, un seul, et Koyomi le sait impossible. C'est même précisément pour ça qu'il le poursuit. Il veut revenir dans le temps. Pas le ralentir en illusion, il sait déjà que c'est à sa portée. Pas le simuler, le rejouer en genjutsu, tout ça n'est que du théâtre. Il veut le traverser réellement, remonter le courant, retourner physiquement dans un instant révolu.
D'où ça vient ? De son père, évidemment, mais pas de la manière qu'on croit. Son père est bien vivant, et c'est précisément le problème. Vivant veut dire mortel, et Koyomi, qui voit un compteur au-dessus de chaque tête, voit aussi le sien. Il l'a vu pour la première fois le jour où il a remarqué que son père mettait plus longtemps qu'avant à tracer une matrice, qu'il relisait deux fois ce qu'il lisait une fois, qu'il repoussait au lendemain des travaux qu'il aurait bouclés en une nuit dix ans plus tôt. Ce jour-là, quelque chose s'est déréglé dans sa manière de voir le monde. Il a compris que l'homme qu'il admire le plus est en train de dépenser ses dernières années sur des carnets qu'il ne finira pas, et que rien, absolument rien de ce qu'il pourra apprendre ne lui rendra une seule des heures déjà brûlées. C'est ce dérèglement qui a fait de lui le personnage que je présente ici. Tout le monde lui répète que le temps ne se remonte pas, que c'est une loi, la plus fondamentale de toutes. Mais Koyomi a grandi dans un monde où des hommes marchent sur l'eau, crachent des dragons de flammes et scellent des montagnes de chakra dans le ventre d'un nouveau-né. Les lois fondamentales, dans ce monde-là, ont surtout l'air de lois qu'on n'a pas encore appris à contourner.
« On me dit que le temps ne se remonte pas. On disait aussi qu'on ne marchait pas sur l'eau. »
Sa logique, aussi folle soit-elle, a sa cohérence interne, et c'est ce qui la rend intéressante à jouer. Le genjutsu prouve qu'on peut manipuler la perception du temps, l'étirer, la comprimer, la boucler. Le fûinjutsu prouve qu'on peut enfermer des choses qui ne devraient pas pouvoir l'être, du chakra, des âmes, des créatures entières, dans une surface d'encre. Alors Koyomi pose la question que personne ne pose : si l'un peut plier la perception d'un instant et l'autre peut enfermer l'impossible, qu'est-ce qui empêche, en théorie, de sceller un instant lui-même ? De le conserver, de le rouvrir, d'y retourner ? Chaque illusion qu'il tisse, chaque matrice qu'il trace est une expérience de plus dans cette direction. Il ne cherche pas un jutsu miracle, il construit une science, brique par brique, échec par échec, et il est prêt à y passer sa vie entière, ce qui ne manque pas d'ironie pour quelqu'un qui compte chaque seconde.
Je tiens à être transparent sur un point, parce que je pense que c'est important pour le staff qui lira ce dossier : je sais que ce but est inatteignable, et c'est un choix assumé. Il n'est pas là pour être accompli un jour en jeu, il n'est pas une demande déguisée de pouvoir exceptionnel. Il est là pour porter le personnage sur le très long terme, pour justifier sa folie, ses recherches, ses dérives progressives, ses sacrifices, et pour offrir aux joueurs qui croiseront sa route un arc narratif dense, cohérent et générateur d'histoires. Un personnage qui poursuit un but impossible ne s'arrête jamais, ne se contente jamais, ne devient jamais ce PJ « fini » qui tourne en rond une fois son objectif atteint. C'est exactement le genre de moteur dont j'ai envie pour les années de RP à venir.
Je veux répondre à cette question sérieusement, parce que je sais que c'est celle qui distingue une candidature réfléchie d'une candidature opportuniste. Le choix de la lignée de Renga n'est pas un choix de confort ni un choix esthétique. C'est un choix structurel, sans lequel le personnage que je viens de décrire ne peut tout simplement pas exister.
La première raison est évidente à la lecture de ce dossier : la lignée de Renga est entièrement tournée vers le genjutsu. C'est la seule qui place l'illusion au centre absolu de son identité, de son enseignement et de sa culture. Or tout le projet de Koyomi, l'enseignement reçu de son père, sa spécialisation dans la distorsion temporelle, ses recherches croisées entre illusion et sceaux, repose sur une immersion totale dans cet art. Dans n'importe quelle autre voie, le genjutsu serait au mieux une compétence parmi d'autres, un outil secondaire qu'on tolère. Chez Renga, c'est la langue maternelle. Un personnage qui veut consacrer sa vie entière à disséquer l'illusion doit apprendre auprès de ceux qui en ont fait leur raison d'être, pas auprès de gens qui la considèrent comme un art d'appoint. Choisir une autre lignée reviendrait à diluer le concept du personnage jusqu'à le rendre banal, et je n'ai aucune envie de jouer un Koyomi banal.
La seconde raison est plus profonde, et elle touche à la nature même de son objectif. Ce que Koyomi cherche à accomplir, des expérimentations aux frontières de l'illusion, du sceau et du temps, des travaux qui interrogent des lois que personne n'est censé interroger, ne trouve aucune place dans le cadre ordinaire de Kumo. Il faut bien mesurer ce que ça implique. Kumo est un village de puissance, de discipline et de résultats, où la valeur d'un shinobi se mesure d'abord à ce qu'il rapporte sur le terrain et où l'on attend d'une technique qu'elle serve dès la mission suivante. Un homme qui passe ses nuits à tracer des matrices dont personne ne comprend la finalité, à chercher des cobayes pour tester des illusions qui brisent le rapport au réel, à noircir des carnets de calculs sur la nature du temps, cet homme-là s'entend très vite dire qu'il ferait mieux de rendre ses heures utiles. Ses recherches seraient tolérées tant qu'elles restent un passe-temps, encadrées dès qu'elles deviennent sérieuses, et réorientées vers l'application militaire dès le premier résultat exploitable. C'est là le vrai danger pour lui : pas la sanction, mais la récupération. Un travail qu'on réoriente est un travail qu'on ampute, et Koyomi sait très bien qu'on lui demanderait de livrer l'arme en abandonnant la science qui la sous-tend.
Il n'a aucune intention de voir des années de recherche réduites à une annexe technique dans un rapport d'état-major. Son projet a besoin d'un cadre où il peut exister à ciel ouvert, être encadré par des gens qui comprennent la valeur de ce genre de travaux, discuté pour ce qu'il est au lieu d'être jugé sur ce qu'il rapporte, poussé au lieu d'être bridé. La lignée de Renga est exactement ce cadre. Elle n'est pas un refuge par défaut, elle est la condition d'existence du personnage. Et je crois que c'est le meilleur argument qu'une candidature puisse avancer : ce n'est pas Koyomi qui s'adapte à la lignée pour obtenir un avantage, c'est la lignée qui rend Koyomi possible. Sans elle, ce dossier n'aurait aucun sens.
Sur le moyen terme, la priorité de Koyomi sera d'abord de faire ses preuves au sein de la lignée et d'y gagner sa place, non pas par la force brute mais par la valeur de ses travaux. Je veux jouer cette période comme une vraie ascension, avec ses humiliations de débutant, ses premiers succès, ses premières illusions marquantes. L'objectif concret est d'atteindre une maîtrise reconnue du genjutsu et de commencer à imposer sa spécialité, la distorsion temporelle, comme quelque chose d'identifié et de redouté. Je veux qu'à ce stade, croiser Koyomi en combat soit déjà une expérience dont on se souvient, et dont on parle.
En parallèle, et c'est indissociable, il posera les fondations de son travail sur les sceaux. Les premières années seront celles des sceaux de détection et de dissipation, les plus simples dans sa logique, ceux qui préviennent et ceux qui brisent. Chaque sceau devra être éprouvé en conditions réelles, contre de vraies illusions lancées par de vrais joueurs, ce qui signifie des duels d'entraînement, des collaborations, des paris techniques et probablement quelques accidents mémorables. Je compte documenter tout ça en jeu, sous forme de carnets et de traités que Koyomi rédigera au fil de ses découvertes, dans la continuité directe de ceux de son père. À terme, sur ce même horizon, l'ambition est que ses contre-sceaux deviennent une référence, quelque chose que d'autres personnages cherchent à obtenir, à apprendre ou à voler, ce qui ouvrira encore d'autres pistes de RP.
Le long terme, c'est la convergence de tout ce qui précède vers l'unique but : remonter le temps. Une fois l'illusion maîtrisée et le sceau dompté, Koyomi entamera la phase la plus folle de ses recherches, celle où les deux disciplines cessent d'être des outils séparés pour devenir les deux moitiés d'une même science. Sceller des instants. Conserver des fragments de temps comme on conserve du chakra. Rouvrir ce qui a été fermé. Je ne sais pas jusqu'où le jeu, le staff et les événements permettront d'aller sur cette voie, et pour être honnête, ça n'a pas beaucoup d'importance. Ce qui compte, c'est le chemin. Les découvertes intermédiaires, les théories qui s'effondrent, les sacrifices de plus en plus lourds que Koyomi acceptera de consentir, la folie qui gagnera du terrain à mesure que le but semblera se rapprocher sans jamais se laisser atteindre. C'est cette trajectoire-là, celle d'un homme brillant qui se consume à poursuivre l'impossible, que je veux raconter sur la durée. Et si un jour, au bout de très longues années de jeu, le staff estime que ses travaux méritent d'aboutir à quelque chose, tant mieux. Sinon, l'histoire de sa quête aura suffi, et elle aura, je l'espère, marqué ceux qui l'auront croisée.
« Merci d'avoir lu ce dossier jusqu'au bout. Il vous a coûté environ douze minutes.
Je compte bien vous les rembourser en RP. »
Koyomi Uchiwa